Découvrir Les Barils
Village et patrimoine
Une page vivante pour raconter les lieux, les paysages et les mémoires du village, au fil de recherches, d’archives et de témoignages documentés.

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Notre-Dame des Barils
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Un récit collectif
Raconter sans figer l’histoire
L’histoire locale se construit à partir de sources différentes : archives publiques, photographies familiales, cartes anciennes, bâtiments, paysages et souvenirs transmis.
Cette page peut donc évoluer. Chaque récit peut accueillir un texte court ou développé, des intertitres, des citations et une illustration facultative. Lorsqu’une information demeure incertaine, il est préférable de l’indiquer clairement plutôt que de la présenter comme un fait établi.

Les Barils, une histoire inscrite dans le paysage
Aux confins du Pays d’Ouche et de la vallée de l’Avre, Les Barils ont conservé le caractère d’une commune rurale normande. Le bourg, les hameaux, les anciennes fermes, l’église Notre-Dame et le domaine des Bois-Francs racontent une histoire façonnée par la forêt, l’agriculture, la vie paroissiale et les transformations successives du territoire.
Ce patrimoine ne se résume pas à quelques monuments. Il se découvre aussi dans les chemins, les mares, les vergers, les murs de silex et de brique, les noms des lieux-dits et l’organisation ancienne de l’habitat.
Une occupation ancienne du territoire
L’histoire des Barils commence bien avant les premiers textes conservés. Le Service régional de l’archéologie a recensé plusieurs sites ou indices archéologiques sur le territoire communal. Une activité de production métallurgique d’époque gallo-romaine a notamment été repérée au lieu-dit Les Châtelets. D’autres traces correspondent à des chemins, des enclos et des occupations médiévales ou de datation encore indéterminée.
Ces découvertes ne permettent pas de reconstituer précisément la vie des premiers habitants, mais elles prouvent que le territoire était fréquenté et exploité dès l’Antiquité.
Le paysage porte lui aussi la marque de cette longue occupation humaine. Les sols argileux, peu favorables aux grandes cultures, ont permis le maintien de massifs forestiers importants, tandis que les terres agricoles se sont développées sous la forme de clairières autour du village, des hameaux et des fermes. Cet équilibre entre champs et bois constitue encore aujourd’hui l’un des traits caractéristiques des Barils. Rapport de présentation du PLU des Barils
L’origine du nom « Les Barils »
Le nom de la commune est ancien. Le Dictionnaire topographique du département de l’Eure, publié au XIXᵉ siècle sous l’autorité du ministère de l’Instruction publique, relève notamment les formes Barilli, Bariz en 1389 et Barilz.
Ces graphies établissent l’ancienneté du nom, mais ne suffisent pas à en déterminer avec certitude l’origine. La tradition communale le rapproche du mot « baril », qui désignait un petit tonneau, et l’explique par une ancienne fabrication locale de barils. Cette interprétation fait partie de la mémoire du village, mais aucune des archives consultées ne permet actuellement de confirmer l’existence ou l’importance d’une telle activité artisanale. Dictionnaire topographique de l’Eure – CTHS
La paroisse et les seigneurs des Barils
Sous l’Ancien Régime, la paroisse des Barils dépend du diocèse d’Évreux. Les sources rassemblées dans le dossier patrimonial communal mentionnent, vers 1226, une charte accordée par Richard de Gournay et son épouse à l’abbaye de Jumièges au sujet de droits que les religieux pourraient acquérir dans l’église des Barils.
Dans la seconde moitié du XIIIᵉ siècle, Les Barils possèdent des seigneurs particuliers placés sous la suzeraineté des châtelains de Tillières. Au XIVᵉ siècle, la seigneurie est associée à Jehan du Buisson. En 1469, Jean du Buisson détient encore deux portions de fiefs, Le Buisson et La Couture, situées aux Barils et à Cintray.
L’ancienne organisation du territoire demeure perceptible dans les noms des hameaux et lieux-dits : Les Châtelets, Le Petit-Buisson, Le Grand-Buisson, La Chalardière, Le Plessis, La Haie, La Forêt ou encore Le Bois-Guillot. Ces noms constituent de précieux témoins de l’histoire rurale de la commune.
L’église Notre-Dame, mémoire du village
Située au centre du bourg, à proximité de la mairie, l’église Notre-Dame est l’un des principaux repères du paysage communal. Sa silhouette est visible à plusieurs kilomètres à la ronde.
L’édifice présente des caractères romans, reconnaissables notamment à la présence d’un contrefort plat au sud de la nef et à l’emploi de la pierre de grison dans ses maçonneries. Ces éléments attestent l’ancienneté de l’église, sans permettre à eux seuls de fixer précisément la date de sa première construction.
L’ancien portail est daté de la fin du XVᵉ ou du début du XVIᵉ siècle. En 1807, un incendie provoqué par la foudre ravage l’église et entraîne d’importants travaux de reconstruction et de remaniement. La tour-clocher carrée en briques est ajoutée en 1842. Elle est surmontée d’une flèche couverte d’ardoises, tandis que le reste de l’édifice possède une couverture en tuiles plates locales.
L’intérieur conserve plusieurs éléments remarquables : des bancs traditionnels en bois cloisonnés, deux statues du XVIᵉ siècle représentant la Vierge à l’Enfant et sainte Anne, un maître-autel de l’époque de Louis XIV, une poutre de gloire et une voûte en bois.
L’ancien cimetière entourait autrefois l’église. Il a depuis été déplacé à l’extérieur du bourg, sur la route de Pullay. L’église et ses principales caractéristiques architecturales sont aujourd’hui protégées par le plan local d’urbanisme de la commune. Règlement du PLU des Barils, pages 72 et 73
Un village agricole et artisanal
Au XIXᵉ siècle, la vie des Barils est essentiellement agricole. Le rapport de présentation du PLU, citant le Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, décrit une commune de 232 habitants. Une école mixte accueille alors 36 enfants.
Les principales ressources proviennent des céréales et des bois. Le document mentionne également environ 7 000 arbres à cidre, témoins de la place autrefois occupée par les vergers dans l’économie et le paysage communal.
Deux tuileries et un four à chaux sont également signalés. Ces activités ont disparu, mais elles ont laissé des traces dans les noms des lieux-dits, notamment La Briqueterie et Le Four-à-Chaux.
Le patrimoine rural reste visible dans les longères, les corps de ferme, les granges à pans de bois, les murs de silex et de brique ainsi que dans les portails encadrés de piliers maçonnés. L’ancien presbytère, plusieurs maisons de caractère et une longère du hameau de La Forêt figurent parmi les constructions identifiées et protégées par le PLU.
La commune conserve aussi les ruines d’un ancien moulin à vent, situé chemin du Moulin-à-Vent. Sa date de construction demeure inconnue. Il servait à moudre le grain et a fonctionné jusqu’au début du XXᵉ siècle. Des vestiges de ses ailes étaient encore visibles dans les années 1930.
Le domaine des Bois-Francs
Le domaine des Bois-Francs, qui s’étend également sur la commune voisine de Pullay, constitue l’autre grand ensemble patrimonial des Barils. Son histoire est surtout connue à partir du XVIIᵉ siècle, une partie des archives plus anciennes ayant disparu.
En 1645, la terre est acquise par le sieur de Blessebois, receveur des tailles à Verneuil et conseiller du roi. Le domaine demeure plus d’un siècle dans cette famille avant de passer, vers 1758, à la famille Vente.
Au début du XIXᵉ siècle, Les Bois-Francs forment un domaine d’environ un millier d’hectares comprenant le château, la forêt et plusieurs fermes et propriétés des environs.
En 1879, Denis-André Collas de Gournay fait démolir l’ancien logis seigneurial et entreprend la construction du château actuel. Celui-ci est édifié en briques et en pierre dans un style inspiré de l’architecture Louis XIII. Son aménagement est ensuite achevé par Louis Valpinçon, devenu propriétaire par son mariage avec la fille de Denis-André Collas de Gournay.
Le domaine conserve des constructions plus anciennes, datées du XVIᵉ siècle : un pavillon d’entrée, un pavillon d’angle et un corps de communs disposés au bord des douves. Le pavillon d’entrée possède une porte charretière, une porte piétonne et deux petites tours rondes. Les douves sont toujours maintenues en eau.
Ces éléments, ainsi que le château du XIXᵉ siècle et les anciens communs, sont identifiés comme des composantes majeures du patrimoine communal dans le règlement du PLU. Des cartes postales conservées par les Archives départementales de l’Eure témoignent de l’apparence du château entre la fin du XIXᵉ et le milieu du XXᵉ siècle. Archives départementales de l’Eure
Des Bois-Francs au tourisme contemporain
Après avoir été laissé à l’abandon à partir du milieu des années 1960, le domaine connaît une profonde transformation. En 1988, le domaine Center Parcs des Bois-Francs ouvre ses portes. Il s’agit du premier Center Parcs créé en France.
Cette implantation fait entrer Les Barils dans l’histoire du tourisme contemporain. Une partie du territoire autrefois consacrée à la forêt, aux grandes propriétés et à l’agriculture accueille désormais une importante activité touristique, tout en conservant le château, les douves et plusieurs bâtiments historiques du domaine. Histoire officielle de Center Parcs
Un patrimoine vivant à préserver
Le patrimoine des Barils ne se limite pas aux édifices les plus visibles. Les mares, les vergers, les haies, les chemins, les fermes, les murs anciens et les noms des lieux-dits participent eux aussi à l’identité de la commune.
La majorité des vergers qui entouraient autrefois le bourg et les hameaux a disparu au cours du XXᵉ siècle. Plusieurs ensembles fruitiers subsistants sont néanmoins protégés par le PLU, tout comme certaines mares, des bâtiments ruraux, l’ancien presbytère, les vestiges du moulin à vent et les principaux éléments du domaine des Bois-Francs.
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